Notre mission
Le Collectif pour le libre choix est un organisme communautaire de défense collective des droits fondé en 1989 en Estrie. Il s’agit d’un groupe féministe d’éducation populaire autonome qui milite pour le libre choix des femmes, des hommes trans, des personnes non-binaires, bispirituelles et intersexes concernant la poursuite ou l’interruption d’une grossesse.
Nos objectifs
- Regrouper les personnes et les groupes intéressés à défendre et à promouvoir le droit inaliénable de disposer de son corps et à combattre tout ce qui s’y oppose.
- Exiger des services complets, accessibles et gratuits de planification des naissances, incluant des services d’avortement et que ces services soient pris en charge par l’État.
- Informer et sensibiliser la population sur le respect du droit de choisir.
- Prévenir les grossesses imprévues en priorisant les approches d’éducation populaire autonome et l’intervention féministe.
Nos services
Le Collectif pour le libre choix offre des services principalement axés sur l’éducation populaire autonome, la sensibilisation et la démystification des enjeux liés à la santé sexuelle et reproductive. Nos interventions s’inscrivent dans une perspective féministe et visent le développement du pouvoir d’agir individuel et collectif.
Ateliers, formations et kiosques de sensibilisation
Nous offrons des ateliers, des formations et des kiosques de prévention portant notamment sur l’avortement, les grossesses imprévues, la contraception, le droit au libre choix et les droits sexuels et reproductifs. Ces activités visent à outiller les personnes pour mieux comprendre ces enjeux, déconstruire les mythes et la désinformation, et réfléchir collectivement aux dimensions sociales, politiques et historiques qui les traversent.
Nos interventions sont basées sur une approche d’éducation populaire autonome : elles partent des réalités, des savoirs et des expériences des personnes participantes afin de favoriser des échanges horizontaux, une réflexion critique et une prise de conscience collective.
Les activités du Collectif se déroulent dans différents milieux, notamment les écoles secondaires, les maisons des jeunes, les centres communautaires, les organismes, les événements publics et les espaces militants. Le contenu est adapté en fonction des besoins et des réalités des milieux rencontrés.
Accompagnement, écoute et références
Au besoin, le Collectif pour le libre choix peut offrir un accompagnement ponctuel, un espace d’écoute et de l’information aux personnes vivant une interruption volontaire ou spontanée de grossesse, ou questionnant une grossesse imprévue. Cet accompagnement se fait dans une approche féministe, confidentielle et non jugeante, en respect du rythme et des choix des personnes.
Lorsque les besoins dépassent notre capacité d’intervention ou nécessitent un suivi plus soutenu, nous privilégions la référence vers des ressources spécialisées du milieu, notamment SOS Grossesse Estrie, afin d’assurer un accompagnement adéquat, accessible et continu. Nous croyons que le soutien aux personnes passe aussi par un solide réseau communautaire et par la reconnaissance de l’expertise complémentaire des organismes en santé sexuelle et reproductive.
Le Collectif pour le libre choix se positionne d’abord comme un acteur d’éducation populaire, de sensibilisation et de défense collective des droits. L’accompagnement individuel se fait lorsque possible, en complémentarité avec les ressources du milieu.
Notre philosophie
Le Collectif pour le libre choix s’inscrit dans une tradition de luttes féministes et d’éducation populaire autonome. Nos actions et nos prises de position visent explicitement la transformation des structures sociales, politiques, économiques et culturelles qui maintiennent les inégalités et les oppressions, en particulier celles qui touchent les femmes et les personnes pouvant vivre une grossesse imprévue.
Notre travail est guidé par l’approche de l’éducation populaire autonome, que nous concevons comme un outil politique d’émancipation collective. L’éducation populaire autonome est définie comme « l’ensemble des démarches d’apprentissage et de réflexion critique par lesquelles des citoyen·nes mènent collectivement des actions favorisant une prise de conscience individuelle et collective de leurs conditions de vie ou de travail, visant une transformation sociale, économique, culturelle et politique de leur milieu » (source : MÉPACQ).
Concrètement, cette approche nous amène à nous attaquer aux causes structurelles des injustices plutôt qu’à leurs seuls effets. Elle part de l’expérience vécue des personnes concernées par les discriminations afin de favoriser la prise de conscience, l’organisation collective et l’action politique. Nous cherchons à nommer et à combattre les systèmes d’oppression qui traversent les enjeux de la santé sexuelle et reproductive : le patriarcat, le capitalisme, le colonialisme, le contrôle des corps, les normes de genre et la stigmatisation des choix reproductifs.
Notre féminisme est un féminisme politique, ancré dans l’action collective et la transformation sociale. Il lutte contre les discriminations fondées sur le genre et les rôles sociaux imposés, et revendique un véritable partage du pouvoir et une redistribution plus juste des richesses. Ce féminisme se traduit par des pratiques démocratiques accessibles, par la valorisation des savoirs expérientiels et par la création d’espaces où les personnes concernées peuvent s’organiser, décider et agir.
Notre lunette d’analyse est celle de la justice reproductive. Cette approche est issue des luttes menées par des femmes afro-américaines aux États-Unis, qui refusaient un mouvement pour la santé sexuelle et reproductive incapable de reconnaître les réalités vécues par les personnes les plus marginalisées. La justice reproductive articule les luttes pour les droits sexuels et reproductifs à la justice sociale, dans une perspective intersectionnelle, reconnaissant que les oppressions se croisent, s’accumulent et se renforcent.
C’est pourquoi le Collectif pour le libre choix affirme que la lutte pour le droit à l’avortement doit inclure toutes les personnes concernées : les femmes, les personnes trans, non-binaires, intersexes et bispirituelles, ainsi que les personnes racisées, migrantes, pauvres, marginalisées ou vivant avec un handicap. Aucune lutte ne peut être émancipatrice si elle exclut celles et ceux qui subissent les oppressions les plus violentes et les plus enracinées.
Nos actions s’inscrivent dans l’héritage des luttes féministes menées depuis les années 1970 et même avant, luttes qui ont permis de contester le contrôle religieux, médical et politique exercé sur les corps et les choix reproductifs. Ces mobilisations collectives ont mené à des gains majeurs, notamment les jugements Morgentaler (1988) et Daigle (1989), qui ont profondément transformé l’accès à l’avortement. Ces conquêtes ne sont ni acquises ni définitives : elles sont le résultat de combats politiques et doivent constamment être défendues.
Historiquement et aujourd’hui, le Collectif pour le libre choix adopte une posture de résistance, de vigilance et d’action. Nous assumons pleinement notre rôle politique : défendre le droit au libre choix, soutenir l’autonomie des personnes et lutter contre toutes les tentatives de recul, de contrôle et de normalisation des corps et des vies.
Bref historique du Collectif
Été 1985
Le mouvement anti-choix s’est organisé et multiplie ses actions. Des représentants anti-choix se font élire sur le CA du CLSC de Ste-Thérèse, au nord de Montréal et font abolir les services d’avortement qui y sont offerts.
Des Centre de santé des femmes, le Regroupement Autonome des Jeunes, la CSN, l’Association Nationale des Étudiants et Étudiantes du Québec, la Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) mettent sur pied une coordination nationale qui réclame le maintien des services d’avortement au CLSC Ste-Thérèse.
Par la suite, l’organisation est désignée par Coalition québécoise pour le droit à l’avortement libre et gratuit, mais la FQPN n’en est toutefois pas membre.
1986
Des femmes ont créé des Coalitions régionales à Québec, Saguenay et Sherbrooke. Ces coalitions luttent pour la reconnaissance du droit des femmes à disposer de leur maternité dans leur région.
La coalition sherbrookoise permet une concertation sur le dossier. Elle se charge de recruter des hommes et des femmes pour mener à bien les actions politiques nationales et régionales, participe à la sauvegarde et à l’organisation des services régionaux d’avortement, assure une présence médiatique, voit à l’analyse des documents produits. La section sherbrookoise se propose aussi de mener à bien une tâche d’éducation. Elle désire mettre sur pied des ateliers, des forums et intervenir auprès des adolescents et adolescentes de la région, mettre l’accent sur la production de documents et la mise sur pied d’un centre de documentation.
Les opinions des groupes de femmes et celles des groupes politiques divergent, et la coalition sherbrookoise veut plus d’autonomie.
11 mai 1987
Un groupe de femmes de la section de Sherbrooke se rencontre dans la salle Tournesol du 187 rue Laurier à Sherbrooke pour fonder le Collectif pour le libre choix de Sherbrooke et c’est le 7 novembre 1989 qu’il est incorporé en vertu de la partie III de la loi sur les compagnies du Québec, les lettres patentes ont été données, scellées et enregistrées à Québec.
Non seulement le Collectif pour le libre choix travaille pour maintenir les services d’avortement, mais aussi pour la prise en charge et l’autonomie des femmes au niveau de leur santé sexuelle et reproductive.
Il travaille pour défaire les mythes véhiculés par les groupes anti-choix. Il effectue des tournées d’éducation populaire autonome dans les écoles. Contrairement à la croyance populaire, il n’incite pas à l’avortement, mais informe, sensibilise et conscientise face au respect du choix libre et éclairé des femmes aux prises avec une grossesse imprévue.
Il mobilise et organise des manifestations sous différentes formes pour maintenir le droit inaliénable des femmes à disposer de leur corps.